Réussir la synthèse de documents du DALF C1

La synthèse du DALF C1 réduit un dossier de deux documents à un texte unique de 200 à 240 mots, écrit avec vos propres mots, sans avis personnel ni information extérieure. Elle vaut 12,5 points sur les 25 de la production écrite.

DALF C1 · production écrite

Rédigé par Charbel Boulanger, professeur de FLE formé aux grilles officielles DELF-DALF au stage BELC 2026 de France Éducation international. Publié le .

La synthèse surprend souvent les candidats : on ne vous demande pas votre avis, mais de rendre compte de deux documents, fidèlement et avec vos propres mots. Je distingue ici les règles de l'examen, tirées des documents publiés par France Éducation international, et mes conseils de professeur.

Ce que l'examen demande

  • Le dossier. Deux documents écrits, d'environ 1 000 mots en tout, sur un même thème.
  • La tâche. France Éducation international parle d'un « exercice de contraction de textes ». Vous écrivez un nouveau texte, unique et cohérent, compréhensible par quelqu'un qui n'a pas lu les documents.
  • La consigne. Elle demande de dégager les idées et les informations essentielles, de les regrouper et de les classer selon le thème commun, puis de les présenter « avec vos propres mots ». Elle interdit de mettre deux résumés bout à bout, d'ajouter des idées ou des commentaires personnels, et de reprendre des phrases ou des passages entiers. Les mots-clés, eux, sont permis.
  • La longueur. De 200 à 240 mots, bornes comprises. Le sujet précise que le respect de la longueur fait partie de l'exercice.
  • La note. 12,5 points, répartis sur six critères : longueur (0,5), objectivité (1,5), réalisation de la tâche (2,5), cohérence et cohésion (2,5), lexique (3), morphosyntaxe (2,5).

Pour le cadre général de l'épreuve, voyez le guide La production écrite du DALF C1.

Premier piège : le recopiage

La règle. Vous pouvez reprendre les mots-clés, pas les phrases. La grille d'évaluation publiée par France Éducation international prévoit une sanction lourde : si plus des trois quarts de votre texte reprennent des passages entiers des documents sans les remanier, vous obtenez zéro en lexique et en morphosyntaxe.

Mon conseil. Bien avant ce seuil, une phrase recopiée ne montre rien de votre vocabulaire. Je considère qu'une suite de cinq mots ou plus, identique au texte, est un recopiage. Un mot-clé, c'est un mot que vous ne pouvez pas remplacer sans perdre une information exacte : un terme technique, un nom propre, un chiffre, le nom d'une loi. Une expression imagée de l'auteur, en revanche, se reformule.

Reformuler, ce n'est pas changer un mot ici et là en gardant la phrase de l'auteur : c'est reconstruire l'idée. Quatre procédés rendent beaucoup de services :

  • transformer un verbe en nom : « les loyers augmentent, si bien que les familles quittent le centre-ville » devient « la hausse des loyers pousse les familles hors du centre-ville » ;
  • changer de construction : « parce que les écrans sont partout » devient « en raison de l'omniprésence des écrans » ;
  • généraliser : « les tablettes, les téléphones et les ordinateurs » devient « les appareils numériques » ;
  • condenser : supprimer les exemples et les redites pour ne garder que l'idée.

Je conseille surtout de prendre vos notes en mots courts, déjà reformulés : elles vous protègent du recopiage au moment d'écrire. Chez les candidats que je prépare, le recopiage massif est rarement un choix : il vient du stress ou du manque de temps.

Deuxième piège : l'avis personnel

La règle. Vous ne devez introduire ni idée extérieure aux documents, ni commentaire personnel. Le critère d'objectivité vérifie que vous n'ajoutez rien et que vous ne déformez pas les informations des textes.

Mon conseil. Posez-vous une question pour chaque phrase : « Un des auteurs pourrait-il écrire cela, ou est-ce moi qui le pense ? » Si c'est vous, supprimez la phrase ou attribuez l'idée à son auteur. Méfiez-vous des mots qui trahissent un jugement : « malheureusement », « heureusement », « il est évident que », « il faudrait ». Je déconseille aussi « je » et « nous » dans la synthèse.

Pour rapporter une idée sans la prendre à votre compte, vous disposez de deux outils :

  • les verbes de rapport : « soutenir », « faire valoir », « souligner », « objecter » ;
  • le conditionnel : « selon l'autrice, cette mesure réduirait les inégalités ».

Vérifiez aussi chaque chiffre que vous reprenez : de qui parle-t-il, de quand, de quoi ? Un chiffre mal repris est une déformation. Dans le doute, gardez l'idée et laissez le chiffre.

Troisième piège : la longueur

La règle. Le critère de longueur vaut 0,5 point. Vous l'obtenez de 200 à 240 mots, bornes comprises, et vous le perdez en dessous ou au-dessus, même d'un mot. La grille prévoit en plus deux anomalies : à 99 mots ou moins, zéro à tous les critères ; à 300 mots ou plus, ni « C1 » ni « C1+ » en réalisation de la tâche. Un mot, selon la règle imprimée sur le sujet, est « tout ensemble de signes placé entre deux espaces » : « c'est-à-dire » ou « aujourd'hui » comptent pour un seul mot.

Mon conseil. Visez 220 à 225 mots. À 200 mots pile, un mot oublié au comptage vous fait sortir de la fourchette ; à 220, vous gardez une marge des deux côtés. Comptez en écrivant : tous les 25 mots, notez le total dans la marge. À la fin, vous ne recomptez que pour vérifier.

Ma méthode en six étapes

Voici les étapes que je fais suivre à mes candidats. Ce sont des conseils de méthode, pas des règles de l'examen.

  1. Lire et noter. Lisez chaque document en entier. Notez une information par ligne, en mots courts, déjà reformulés. Notez le sens, pas les phrases.
  2. Croiser. Pour chaque information, demandez-vous si elle est commune aux deux textes, opposée de l'un à l'autre, ou présente dans un seul. Vous voyez alors où les auteurs se rejoignent et où ils s'opposent.
  3. Trouver la question commune. Formulez en une phrase la question à laquelle les deux documents répondent, chacun à sa façon. Toute votre synthèse servira à y répondre.
  4. Regrouper par thèmes. Rangez vos informations sous deux ou trois idées larges. Chaque idée deviendra un paragraphe, avec les deux auteurs dedans. Faites ce test : si l'on peut deviner de quel document vient chaque paragraphe, vous avez écrit deux résumés, pas une synthèse. Reprenez alors le regroupement.
  5. Rédiger. Une introduction courte, de 30 à 40 mots, qui présente les documents par leurs auteurs ou leurs publications et pose la question commune. Puis deux ou trois paragraphes équilibrés. Enfin, une phrase qui répond à la question, sans donner votre avis. N'écrivez jamais « le document 1 » : votre lecteur n'a pas le dossier sous les yeux.
  6. Relire en trois passes. D'abord le contenu : l'essentiel des deux textes y est-il ? Ensuite le nombre de mots, compté et non estimé. Enfin la langue : accents, accords, ponctuation.

Pour relier les points de vue, variez les articulateurs : « de même », « en revanche », « à l'inverse », « certes… mais », « dès lors ».

Un exemple : juxtaposer ou croiser

Imaginons deux articles sur la semaine de quatre jours. Une économiste y voit un moyen d'accroître la productivité ; un médecin du travail craint des journées trop longues. Voici deux façons de rendre compte de ces points de vue. L'exemple est créé pour l'illustration.

  • À éviter : « Le premier document dit que la semaine de quatre jours augmente la productivité. Le deuxième document dit que les salariés sont plus fatigués. » Les documents sont numérotés et mis l'un après l'autre, et le verbe « dire » se répète.
  • Mieux : « Si l'économiste voit dans la semaine de quatre jours un moyen d'accroître la productivité, le médecin du travail objecte que des journées allongées épuiseraient les salariés. » Les deux points de vue sont confrontés dans la même phrase et attribués à leurs auteurs ; le conditionnel rapporte l'idée sans la prendre à son compte.

Les erreurs que je corrige le plus souvent

  • suivre l'ordre des documents au lieu de les croiser ;
  • recopier des phrases entières ;
  • glisser son avis ou ses propres exemples ;
  • oublier de dégager le thème commun ;
  • négliger l'un des deux documents ;
  • sortir de la fourchette de 200 à 240 mots ;
  • déformer un chiffre.

S'entraîner

Je conseille de rédiger plusieurs synthèses chronométrées, puis de les faire corriger critère par critère. Sur ce site, la production écrite du DALF C1 se passe en entier, synthèse puis essai, en 2 heures 30, au clavier ou à la main. Votre copie est corrigée, puis relue par moi avant livraison, et vous recevez sous 48 heures après la remise un rapport sur la grille de l'épreuve. En plus du rapport, la correction comprend un dossier de remédiation : des exercices créés pour vos erreurs, inclus dans le prix (voir un exemple). Les sujets sont originaux et écrits au format de l'examen ; ils ne sont ni produits ni validés par France Éducation international.

Questions fréquentes

Combien de mots doit compter la synthèse du DALF C1 ?

De 200 à 240 mots, bornes comprises. Hors de cette fourchette, vous perdez le demi-point du critère de longueur ; à 99 mots ou moins, ou à 300 mots ou plus, la grille prévoit des sanctions plus lourdes.

Peut-on donner son avis dans la synthèse du DALF C1 ?

Non. La consigne interdit les commentaires personnels et les idées extérieures aux documents. Votre avis a sa place dans l'essai, le second exercice.

Faut-il mettre un titre à la synthèse ?

La consigne actuelle n'en parle pas : le titre est facultatif. La règle de décompte ne prévoit pas d'exception pour lui ; si vous en mettez un, je conseille de le compter dans vos mots.

Peut-on reprendre des mots des documents dans la synthèse ?

Oui pour les mots-clés, non pour les phrases et les passages entiers. Si plus des trois quarts du texte sont recopiés sans remaniement, la grille met zéro en lexique et en morphosyntaxe.

Sources

Passez une épreuve blanche corrigée

Sujet original au format de l'examen, chronomètre, puis rapport sur la grille de l'examen sous 48 heures et dossier de remédiation, inclus. 30 € l'épreuve, 19 € en pack de 10.

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