Les tâches 1 et 2 de l'expression écrite du TCF Canada

Au TCF Canada comme au TCF tout public, l'expression écrite commence par deux textes : la tâche 1, un message de 60 à 120 mots pour décrire, raconter ou expliquer à un destinataire précis ; la tâche 2, un récit ou un compte rendu de 120 à 150 mots, suivi de vos commentaires, le plus souvent pour plusieurs lecteurs.

TCF Canada · expression écrite

Rédigé par Charbel Boulanger, professeur de FLE formé aux grilles officielles DELF-DALF au stage BELC 2026 de France Éducation international. Publié le .

Une même épreuve pour le TCF Canada et le TCF tout public

Le manuel du candidat de France Éducation international (version Q, septembre 2026) décrit les trois tâches de l'expression écrite une seule fois pour le TCF tout public, le TCF Québec et le TCF Canada, avec les mêmes nombres de mots. L'exemple d'épreuve publié sur sa page « Exemples d'épreuves du TCF » porte d'ailleurs les trois noms. Si vous préparez l'un de ces tests, vous préparez les autres : 60 minutes, trois tâches à faire dans l'ordre, un minimum et un maximum de mots pour chacune.

Deux différences tout de même. Au TCF Canada, l'expression écrite est l'une des quatre épreuves obligatoires. Au TCF tout public, c'est une épreuve complémentaire : vous choisissez de la passer ou non, sauf quand une démarche l'exige, comme la demande d'admission préalable à l'université. Le TCF IRN, lui, a trois tâches différentes et plus courtes, de 30 à 90 mots : voir mon guide du TCF IRN.

Pour la vue d'ensemble de l'épreuve (durée, notation, décompte des mots, les sept cas « A1 non atteint »), lisez mon guide de l'expression écrite du TCF Canada ; pour la dernière tâche, mon guide de la tâche 3.

Tâche 1 : un message de 60 à 120 mots

Le manuel du candidat la présente comme un message qui décrit, raconte ou explique, destiné à une ou plusieurs personnes ; la consigne vous dit qui elles sont et quel lien vous avez avec elles. Dans l'exemple d'épreuve de France Éducation international, votre valise n'est pas arrivée à l'aéroport : l'employé du bureau d'accueil vous donne une fiche d'information sur les bagages à compléter, où vous décrivez la valise et racontez comment vous l'avez perdue.

Chaque consigne de tâche 1 contient trois informations ; soulignez-les avant d'écrire :

  • la situation : où vous êtes et ce qui s'est passé ;
  • le destinataire : un ami, un collègue, un employé, un propriétaire, un groupe. C'est lui qui décide du tu ou du vous, du ton et des formules de début et de fin ;
  • les actions demandées : « décrivez », « racontez », « expliquez », souvent deux à la fois. Je conseille au moins deux phrases pour chacune.

Le registre se décide d'après le destinataire

Destinataire Pronom Pour ouvrir Pour fermer
Un ami, un proche tu « Salut Marie, » ou « Bonjour Marie, » « À bientôt, », « Je t'embrasse, »
Un collègue, un voisin vous, sauf si la consigne le présente comme un ami « Bonjour Monsieur Martin, » « Bonne journée, », « Cordialement, »
Un service, un responsable, un inconnu vous « Madame, Monsieur, » « Cordialement, », « Je vous remercie par avance. »
Un groupe (collègues, voisins, membres d'un club) vous (pluriel) « Bonjour à tous, » « À très vite, », « Merci à tous, »

Parmi les capacités évaluées, le manuel du candidat cite « donner les informations demandées » et « décrire, raconter, expliquer » : soyez complet et clair, dans le bon registre.

Une tâche 1 fictive, commentée

Consigne imaginée : vous êtes en déplacement professionnel dans une ville que vous ne connaissiez pas. Vos collègues vous demandent des nouvelles sur la messagerie de l'équipe. Décrivez la ville et racontez votre soirée d'hier.

Bonjour à tous,

Me voici à Lyon depuis lundi. La ville est plus grande que je pensais : deux fleuves, des quais très animés et un vieux quartier avec des rues étroites et des maisons colorés. Le bureau est au centre, à dix minutes de l'hôtel. Hier soir, après la réunion, une collègue m'a emmené dans un petit restaurant du Vieux Lyon. J'ai goûté une spécialité locale, la quenelle, et nous avons marché le long de la Saône jusqu'à minuit. Je vous raconterai le reste vendredi !

Karim

Ce qui fonctionne :

  • les deux actions de la consigne sont là, dans l'ordre : la description (les fleuves, les quais, le vieux quartier, le bureau), puis le récit de la soirée, au passé composé ;
  • le destinataire est respecté : « Bonjour à tous », un « vous » collectif, un ton cordial sans familiarité excessive, une signature ;
  • 82 mots sans la formule d'appel ni la signature, 86 avec : au milieu de la fourchette dans les deux cas.

Ce que je corrigerais : « des maisons colorés », qui s'écrit « colorées » (accord avec « maisons ») ; et « plus grande que je pensais », tournure de l'oral, qui s'écrit « plus grande que je ne le pensais ».

Tâche 2 : raconter, puis commenter, de 120 à 150 mots

Le manuel du candidat décrit un texte pour plusieurs lecteurs (un article, un courrier, une note) qui rend compte d'une expérience ou raconte un événement, et qui y ajoute des commentaires, des opinions ou des arguments « en fonction d'un objectif », par exemple revendiquer ou se réconcilier. L'exemple d'épreuve montre qu'il faut lire la consigne de près : vous y répondez au courriel d'une amie, Charlotte, en justifiant vos conseils. Le texte attendu n'est donc pas toujours un article, ni toujours destiné à un groupe.

Deux difficultés propres à cette tâche :

  • La fourchette est étroite : 30 mots entre le minimum et le maximum, contre 60 pour chacune des deux autres tâches. Je conseille de viser 130 à 140 mots.
  • Le récit n'est que la première partie du travail. Vous racontez pour obtenir quelque chose de vos lecteurs : qu'ils viennent, qu'ils changent une règle, qu'ils vous pardonnent. Avant d'écrire, formulez cet objectif en une phrase ; il vous donnera le dernier paragraphe et le ton de l'ensemble.

Mon repère pour la répartition : deux tiers de récit, un tiers de commentaire, en deux ou trois paragraphes. Le récit se fait au passé composé pour les événements et à l'imparfait pour le cadre et les impressions, avec des repères de temps (« samedi dernier », « vers midi »). Le commentaire s'appuie sur des mots de liaison (« pourtant », « c'est pourquoi », « donc ») et se termine par une phrase qui dit clairement ce que vous attendez.

Une tâche 2 fictive, commentée

Consigne imaginée : les habitants de votre quartier ont organisé un samedi de nettoyage du parc. Vous écrivez un article pour la lettre d'information du quartier : vous racontez la journée et vous encouragez les habitants à participer à la prochaine.

Un samedi au parc des Tilleuls

Samedi dernier, une quarantaine d'habitants se sont retrouvés à neuf heures devant l'entrée du parc, avec des gants et des sacs prêtés par la mairie. Nous nous sommes répartis en petits groupes : les uns ont ramassé les déchets le long du ruisseau, les autres ont repeint les bancs et nettoyés l'aire de jeux. J'y allais sans grande conviction, mais l'ambiance était joyeuse : les enfants couraient partout, un voisin avait apporté du café et des gâteaux. Vers midi, nous avons pique-niqué tous ensemble sur la pelouse, au soleil.

Le parc a changé de visage, et j'ai enfin parlé à des voisins que je croisais depuis des années sans un mot. C'est pourquoi je vous invite à nous rejoindre le premier samedi d'avril : une matinée suffit, les enfants sont les bienvenues. Inscrivez-vous à la maison de quartier.

Léa M.

Ce qui fonctionne :

  • la proportion : le premier paragraphe raconte (87 mots), le second commente et demande (48 mots), soit à peu près deux tiers et un tiers ;
  • le récit est daté et ordonné (« samedi dernier », « à neuf heures », « vers midi »), au passé composé ; l'imparfait sert au cadre et aux impressions (« j'y allais », « l'ambiance était joyeuse », « je croisais ») ;
  • le commentaire a un objectif : convaincre. L'aveu glissé dans le récit (« sans grande conviction ») rend l'auteure crédible, puis la demande est explicite : « je vous invite », « Inscrivez-vous » ;
  • un titre, que je conseille pour un article, et une signature ;
  • 135 mots sans le titre ni la signature, 143 avec. La règle publiée ne dit pas si le titre et la signature comptent : pour le minimum, comptez sans eux ; pour le maximum, comptez-les. Ici, les deux décomptes tiennent dans la fourchette.

Ce que je corrigerais : « nettoyés l'aire de jeux » s'écrit « nettoyé » (avec « avoir », le participe passé ne s'accorde qu'avec un complément d'objet direct placé avant lui ; ici, il est après) ; « les enfants sont les bienvenues » s'écrit « les bienvenus » (« enfants » est ici au masculin pluriel).

Les erreurs que je corrige le plus souvent

Dans la tâche 1 :

  • une action de la consigne oubliée : la copie décrit longuement et ne raconte rien, ou l'inverse ;
  • le destinataire perdu de vue : un message qui commence par « Madame, Monsieur » et finit par « Bises », ou qui passe du « vous » au « tu » au milieu ;
  • un message sans cadre : ni salutation, ni formule de fin, ni signature. Ce cadre fait partie de ce que le manuel appelle l'adéquation à la situation de communication ;
  • la longueur dépassée : 130 mots, parce qu'écrire plus rassure. Le maximum compte autant que le minimum.

Dans la tâche 2 :

  • un récit sans commentaire : la copie raconte jusqu'au dernier mot, et la seconde partie de la tâche manque ;
  • un commentaire sans objectif : « C'était une très belle expérience » est un jugement, pas une demande. Dites ce que vous voulez de vos lecteurs ;
  • les temps du récit mélangés : présent, passé composé et imparfait alternent sans logique. Gardez le passé composé pour les événements, l'imparfait pour le décor et les sentiments ;
  • un seul bloc : 150 mots sans paragraphe, où le lecteur ne voit plus où finit le récit et où commence le commentaire ;
  • un « vous » collectif pour une seule personne, ou l'inverse : la consigne dit à qui vous écrivez, le plus souvent plusieurs lecteurs (un article, une lettre d'information), parfois une seule personne, comme l'amie de l'exemple publié. Le pronom et les formules suivent ce choix jusqu'au bout.

Deux repères pour le jour de l'examen

  • Le nombre de mots se vérifie tâche par tâche. Dans l'exemple d'épreuve, chaque tâche se termine par une case « Nombre de mots » et par la question « Avez-vous respecté le nombre de mots minimum et maximum ? ». Prenez cette minute : une tâche sans le nombre de mots exigé est l'un des sept cas « A1 non atteint » du manuel du candidat.
  • Sur papier, écrivez directement dans le livret, aux endroits prévus : le manuel précise que le brouillon, détruit à la fin, n'est pas évalué. Un plan de trois lignes au brouillon suffit.

S'entraîner avec moi

Sur ce site, je propose des sujets originaux au format de l'expression écrite du TCF, pour le TCF Canada et le TCF tout public : trois tâches, 60 minutes, chronomètre. Vous écrivez au clavier ou à la main, et vous recevez sous 48 heures un rapport en PDF : le niveau du CECR de chaque tâche, une note sur 20 estimée et, pour le TCF Canada, le NCLC qui lui correspond, puis vos erreurs expliquées et des axes de progression. Je relis et valide chaque rapport avant l'envoi. La correction comprend aussi un dossier de remédiation, des exercices créés pour vos erreurs, inclus dans le prix (voir un exemple). Ce site est indépendant de France Éducation international : ses résultats sont indicatifs et ne remplacent pas une attestation du TCF.

Questions fréquentes

Combien de mots faut-il écrire à la tâche 1 du TCF Canada ?

De 60 à 120 mots, d'après le manuel du candidat de France Éducation international (septembre 2026). Le minimum et le maximum comptent tous les deux, et vous inscrivez votre nombre de mots dans la case prévue à la fin de la tâche. Je conseille de viser 80 à 100 mots.

Combien de mots faut-il écrire à la tâche 2 du TCF Canada ?

De 120 à 150 mots. C'est la fourchette la plus étroite des trois tâches : 30 mots seulement entre le minimum et le maximum. Je conseille de viser 130 à 140 mots et de connaître, avant l'examen, votre nombre moyen de mots par ligne.

Les tâches 1 et 2 sont-elles les mêmes au TCF Canada et au TCF tout public ?

Oui. Le manuel du candidat décrit les mêmes trois tâches, avec les mêmes nombres de mots, pour le TCF tout public, le TCF Québec et le TCF Canada, et l'exemple d'épreuve publié porte les trois noms. Seul le TCF IRN a des tâches différentes et plus courtes.

Faut-il écrire tu ou vous dans la tâche 1 ?

Cela dépend du destinataire que la consigne vous donne : tu pour un ami ou un proche, vous pour un inconnu, un responsable, un service ou un groupe. L'important est de ne pas changer en cours de message : l'adéquation à la situation de communication fait partie des critères d'évaluation.

Peut-on inventer l'histoire que l'on raconte dans la tâche 2 ?

Aucun document publié n'exige un récit vrai : à mon avis, vous pouvez l'inventer, pourvu qu'il soit cohérent et qu'il réponde à la consigne. Inventez des détails précis (un lieu, un moment, des personnes). En revanche, n'écrivez pas un texte appris par cœur : le manuel du candidat le range parmi les cas où la copie pourrait être évaluée « A1 non atteint ».

Sources

Passez une épreuve blanche corrigée

Sujet original au format de l'examen, chronomètre, puis rapport sur la grille de l'examen sous 48 heures et dossier de remédiation, inclus. 30 € l'épreuve, 19 € en pack de 10.

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