La tâche 3 de l'expression écrite du TCF Canada

La tâche 3 du TCF Canada et du TCF tout public vous donne deux documents sur un fait de société. Vous écrivez un texte de 120 à 180 mots en deux parties : d'abord les deux points de vue avec vos propres mots, sans vous prononcer ; puis votre position, argumentée (40 à 60 puis 80 à 120 mots dans l'exemple publié).

TCF Canada · expression écrite

Rédigé par Charbel Boulanger, professeur de FLE formé aux grilles officielles DELF-DALF au stage BELC 2026 de France Éducation international. Publié le .

Ce que demande la tâche 3

D'après le manuel du candidat de France Éducation international (version Q, septembre 2026), deux documents vous présentent deux points de vue sur un fait de société ; vous les comparez dans un texte destiné à un journal, à un site Internet, à un collègue ou à un supérieur, puis vous donnez votre avis sur le thème qu'ils traitent. Longueur attendue : de 120 à 180 mots. La description est la même pour le TCF tout public, le TCF Québec et le TCF Canada ; seul le TCF IRN a une tâche 3 différente, que je présente dans mon guide du TCF IRN.

Dans l'exemple d'épreuve publié par France Éducation international (document de démonstration de 2022, toujours en ligne le 2 novembre 2026), les deux documents viennent d'un site consacré à la santé et parlent d'alimentation : le premier présente les paniers de fruits et légumes d'un producteur local, le second plaide pour qu'on apprenne aux enfants à bien manger. La consigne demande un court article pour le journal de votre association francophone, en deux parties :

  • première partie : présenter les deux opinions avec vos propres mots, entre 40 et 60 mots ;
  • deuxième partie : donner votre position sur le thème général commun aux deux opinions, entre 80 et 120 mots.

Les deux fourchettes s'additionnent exactement (40 et 80 font 120, 60 et 120 font 180), mais ce partage ne figure pas dans le manuel : le jour de l'examen, la consigne de votre sujet fait foi.

Notez que les deux documents ne se contredisent pas toujours mot pour mot : ici, l'un parle de circuits courts, l'autre d'éducation. Que les avis soient franchement opposés ou seulement différents, le travail est le même : dire ce qui rapproche les deux textes et ce qui les distingue.

Parmi les capacités que le manuel dit évaluer, trois concernent directement cette tâche : « justifier un choix, une position, une décision », « enchaîner des idées et faire preuve de cohérence » et « exprimer son avis et l'argumenter ». Chaque correcteur attribue un niveau à chacune des trois tâches ; une règle de calcul, que le manuel ne détaille pas, en tire une note sur 20. Dans la grille du manuel, 10 à 13 sur 20 correspondent au niveau B2, décrit par la capacité à donner « des avis argumentés » : c'est, à mon sens, dans la tâche 3 que vous le montrez le plus clairement. Pour la conversion en NCLC, lisez mon guide sur les NCLC.

Les deux parties en un tableau

Première partie Deuxième partie
Ce que vous faites Vous présentez les deux opinions avec vos mots et vous les mettez en regard Vous donnez votre position sur le thème général et vous l'argumentez
Longueur dans l'exemple publié 40 à 60 mots 80 à 120 mots
Qui parle Les auteurs des documents : « selon le premier texte… », « l'auteur du second document estime que… » Vous : « pour ma part », « il me semble que », « je préférerais »
Ce qui n'y a pas sa place Votre avis, une phrase recopiée Un nouveau résumé des documents, une liste d'arguments sans exemple

Les erreurs que je corrige le plus souvent

  • Recopier les documents. C'est l'erreur la plus coûteuse : le manuel du candidat range la recopie d'une ou plusieurs phrases d'un document parmi les cas où la copie pourrait être évaluée « A1 non atteint ». Une demi-phrase reprise avec « dit que » devant se voit autant qu'une phrase entière. Reformuler, c'est garder l'idée et changer à la fois les mots et la construction de la phrase. J'en montre un exemple dans mon guide de l'expression écrite du TCF Canada.
  • Donner son avis dans la première partie. « Le second document a raison » dès la troisième ligne, ou un « malheureusement » glissé dans le résumé : la structure que la consigne impose disparaît, et la deuxième partie n'a plus rien de neuf à dire.
  • Juxtaposer au lieu de comparer. « Le document 1 dit que… Le document 2 dit que… » est une liste. La consigne parle de comparer : il faut un mot qui relie, « alors que », « au contraire », « tandis que », « tous deux ».
  • Oublier une partie. Un seul texte d'opinion sans présentation des documents, ou un long résumé suivi d'un avis en deux lignes : la consigne demande les deux parties, chacune avec sa longueur.
  • Le déséquilibre, ou un seul décompte. Cent mots de présentation et quarante mots d'avis respectent le total, mais pas les deux fourchettes. Comptez chaque partie séparément avant d'inscrire le total.
  • Répondre à côté du thème. Vous vous prononcez sur le thème général, commun aux deux documents, pas sur un détail de l'un d'eux. Dans l'exemple publié, le thème n'est ni les paniers ni l'école : c'est l'alimentation.
  • La deuxième partie qui résume encore. « Comme le dit le premier document… » deux fois, et pas un argument qui vienne de vous.
  • « Je pense que » quatre fois. Variez (« à mon avis », « il me semble que », « je suis convaincu que », « selon moi ») et servez-vous du conditionnel pour proposer (« il faudrait », « on pourrait »).
  • Le genre de texte oublié. Pas de titre pour un article (la consigne publiée ne l'exige pas, mais je le conseille) ; pas de formule d'appel ni de « vous » pour un message à un supérieur.

Ma méthode, pas à pas

  1. Lisez la consigne avant les documents. Elle vous dit pour qui vous écrivez (un journal, un site, un collègue), quelle forme prend le texte (je donne un titre à un article, une formule d'appel à un message) et combien de mots chaque partie doit compter.
  2. Lisez chaque document deux fois et résumez-le, pour vous, en cinq ou six mots : sa thèse, son argument principal. Sur papier, notez-les au brouillon. Puis écrivez en une question le thème qui leur est commun : « Faut-il… ? ». Cette question guidera votre deuxième partie.
  3. Rédigez la première partie en trois phrases. Une phrase pour annoncer le thème et le désaccord ; une phrase par opinion, reformulée, avec sa source désignée par son rôle (« une mère de famille », « un commerçant ») ou par son rang (« le premier texte ») ; un mot d'opposition entre les deux.
  4. Rédigez la deuxième partie en quatre temps. Votre position en une phrase ; deux arguments, chacun appuyé sur un exemple précis, tiré de votre expérience ; une phrase de conclusion qui répond à la question posée à l'étape 2.
  5. Relisez en comptant. Comptez les mots de chaque partie, titre compris pour la première, puis le total, que vous inscrivez dans la case prévue. Vérifiez qu'aucune phrase ne vient des documents, qu'aucun « je » ne s'est glissé dans la première partie, que les accords et les mots de liaison tiennent.

Sur les 60 minutes de l'épreuve, je conseille d'en garder 25 pour cette tâche : cinq minutes de lecture et de notes, cinq pour la première partie, douze pour la deuxième, trois pour relire et compter. C'est mon repère, pas une règle de France Éducation international.

Une tâche 3 fictive, commentée

Les deux documents et la consigne sont inventés pour ce guide. Document 1 : la gérante d'une boutique de vêtements explique que le dimanche est le jour où les familles font leurs achats ensemble, que l'ouverture lui apporte du chiffre d'affaires et des emplois pour les étudiants, et que ses employés, volontaires, sont mieux payés ce jour-là. Document 2 : une représentante du personnel d'un grand magasin répond que le travail du dimanche abîme la vie de famille, que le volontariat est souvent forcé et que les petits commerces ne peuvent pas suivre. Consigne : vous écrivez un court article pour le site de votre association de quartier, en deux parties (40 à 60 mots, puis 80 à 120 mots).

Magasins ouverts le dimanche

Les deux textes s'opposent sur l'ouverture des commerces le dimanche. Pour la gérante d'une boutique, c'est une chance : des clients plus nombreux, du travail pour les étudiants et des employés volontaires. La représentante du personnel y voit au contraire une menace pour la vie de famille et pour les petits commerces.

Pour ma part, je comprends l'intérêt économique, mais je ne crois pas que le dimanche doit devenir un jour comme les autres. D'abord, le volontariat est souvent théorique : quand on a besoin de son salaire, on ne refuse pas une heure payée plus. Ensuite, un jour de repos commun a une valeur que les chiffres ne mesurent pas ; c'est le seul moment où ma famille, dont les horaires sont différents, se retrouve autour d'un repas. Je préférerais donc une ouverture limitée à quelques dimanches par an, avant les fêtes, plutôt qu'une généralisation.

Ce qui fonctionne :

  • la première partie fait 51 mots, 55 avec le titre, que je compte dans cette partie puisque c'est là qu'il s'écrit : sous le maximum de 60 dans les deux cas. Elle annonce le thème et le désaccord, reformule chaque opinion sans en reprendre les phrases, désigne les auteurs par leur rôle et les relie par « au contraire ». Aucun « je » ;
  • la deuxième partie fait 92 mots. La position est posée dès la première phrase, avec une concession (« je comprends… mais ») ; deux arguments suivent, introduits par « d'abord » et « ensuite », chacun avec un élément concret (le salaire, le repas de famille) ; la conclusion propose une solution intermédiaire ;
  • le total est de 143 mots sans le titre, 147 avec : dans la fourchette de 120 à 180, et chaque partie dans la sienne. Quand une partie approche de son maximum, n'ajoutez plus rien : un titre ou une signature suffisent à la faire déborder.

Ce que je corrigerais : « je ne crois pas que le dimanche doit devenir », où l'on attend le subjonctif après « je ne crois pas que » : « doive » ; et « une heure payée plus », maladroit, pour « une heure mieux payée ».

S'entraîner avec moi

Sur ce site, je propose des sujets originaux au format de l'expression écrite du TCF, pour le TCF Canada et le TCF tout public : trois tâches, 60 minutes, chronomètre. Vous écrivez au clavier ou à la main, et vous recevez sous 48 heures un rapport en PDF : le niveau du CECR de chaque tâche, une note sur 20 estimée et, pour le TCF Canada, le NCLC qui lui correspond, puis vos erreurs expliquées et des axes de progression. Je relis et valide chaque rapport avant l'envoi. La correction comprend aussi un dossier de remédiation, des exercices créés pour vos erreurs, inclus dans le prix (voir un exemple). Ce site est indépendant de France Éducation international : ses résultats sont indicatifs et ne remplacent pas une attestation du TCF.

Questions fréquentes

Combien de mots faut-il écrire à la tâche 3 du TCF Canada ?

De 120 à 180 mots au total, d'après le manuel du candidat de France Éducation international (septembre 2026). Dans l'exemple d'épreuve publié par le même organisme, la consigne répartit ce total en deux parties : 40 à 60 mots pour présenter les deux opinions, 80 à 120 mots pour donner la vôtre. Lisez la consigne de votre sujet : c'est elle qui fixe le partage.

Peut-on donner son avis dans la première partie de la tâche 3 ?

Non. La première partie présente les deux opinions avec vos propres mots, sans les juger ; votre position vient dans la deuxième partie. Un « je pense » dès la première partie brouille la structure que la consigne impose.

Peut-on recopier des phrases des documents dans la tâche 3 ?

Non. Le manuel du candidat range la recopie d'une ou plusieurs phrases d'un document parmi les cas où la copie pourrait être évaluée « A1 non atteint ». Reformulez : gardez l'idée, changez les mots et la construction de la phrase.

Faut-il choisir l'un des deux documents dans la tâche 3 ?

Pas nécessairement. Dans l'exemple d'épreuve, la consigne demande votre position sur le thème général commun aux deux opinions, pas de choisir un camp. Vous pouvez rejoindre un avis, le nuancer ou défendre une autre solution ; ce qui compte, c'est d'argumenter avec des exemples.

Quel type de texte faut-il écrire à la tâche 3 ?

Celui que la consigne indique : le manuel du candidat cite un texte pour un journal, un site Internet, un collègue ou un supérieur hiérarchique. Dans l'exemple publié, c'est un court article pour le journal d'une association : je vous conseille de lui donner un titre, à compter dans la première partie. Pour un message à un supérieur, prévoyez une formule d'appel et le vous.

Sources

Passez une épreuve blanche corrigée

Sujet original au format de l'examen, chronomètre, puis rapport sur la grille de l'examen sous 48 heures et dossier de remédiation, inclus. 30 € l'épreuve, 19 € en pack de 10.

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